Communiqué de presse
Le Comité anti-torture du Conseil de l'Europe publie un rapport sur la
Belgique
Strasbourg, 23.07.2010 - Le Comité pour la prévention de la torture et des
peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) du Conseil de l'Europe
publie aujourd'hui le rapport sur sa 5e visite
périodique en Belgique, effectuée en septembre/octobre 2009. Ce rapport est
rendu public à la demande des autorités belges.
Dans le domaine pénitentiaire, le CPT a examiné une nouvelle fois la question de
la surpopulation affectant le système pénitentiaire belge (et, en particulier,
la situation prévalant à la prison de Jamioulx, où le taux d’occupation
atteignait 150 %) . A cet égard, le CPT a pris note du « Masterplan 2008-2012
pour une infrastructure carcérale plus humaine » et du déploiement d’une
solution tout à fait nouvelle, la location à temps déterminé d’espaces
cellulaires situés dans un pays voisin (en l’espèce, la prison de Tilburg aux
Pays-Bas). En ce qui concerne les questions liées à la grève du personnel en
milieu pénitentiaire, le CPT a réitéré son appel aux autorités belges, déjà
formulé à l’issue de la visite effectuée en 2005, visant à instaurer sans autre
délai un « service garanti » au profit des détenus. Les mauvais traitements très
graves qui auraient été perpétrés par des policiers remplaçant le personnel
pénitentiaire dans une prison bruxelloise en septembre et octobre 2009 viennent
encore renforcer la nécessité de trouver une solution pérenne à cette question.
S’agissant des « quartiers des mesures de sécurité particulières individuelles »
(QMSPI), le Comité a souligné l’importance du respect strict des critères de
sélection des détenus affectés à ces quartiers, lesquels n’ont pas vocation à
être des « quartiers à sécurité renforcée ». Le CPT a également pris note des
aménagements matériels effectués à l’annexe psychiatrique de Lantin et a
recommandé aux autorités belges de faire de même à l’annexe psychiatrique de la
prison de Jamioulx. Il a aussi pris note du renforcement des équipes médico-psychiatriques
et a souligné la nécessité d’accroître encore les efforts faits en la matière.
Sur un plan plus général, le CPT a souligné la nécessité d’une entrée en vigueur
rapide de l’ensemble de la loi de principes (pénitentiaire), l’absence de mise
en œuvre de certains chapitres de cette loi générant une incertitude juridique,
notamment en matière disciplinaire.
S’agissant de la police, le CPT a pris note des quelques avancées faites en
matière de garanties fondamentales offertes aux personnes placées en état
d’arrestation administrative. Le Comité a également relevé l’adoption de deux
arrêtés royaux qui règlementent, d’une part, les conditions matérielles dans les
locaux de détention de la police et, d’autre part, l’entrée en vigueur d’un code
de déontologie de la police. Par contre, le Comité n’a pu que constater
l’absence de mise en œuvre des recommandations formulées depuis de nombreuses
années en ce qui concerne les garanties fondamentales à offrir aux personnes
placées en état d’arrestation judiciaire et, en particulier, en matière d’accès
à l’avocat pendant la garde à vue. En outre, il a formulé des recommandations en
ce qui concerne la mise en œuvre de techniques spéciales, comme l’utilisation du
pistolet à impulsions électriques et les escortes (dites « de niveau 3 ») de
détenus présumés dangereux. En ce qui concerne le quartier cellulaire au
bâtiment Portalis du Palais de Justice de Bruxelles, le Comité a recommandé aux
autorités belges d’y effectuer un audit sécurité incendie et les a invitées à
étudier sa délocalisation dans des locaux spécifiquement conçus et aménagés à
des fins de détention.
En raison des informations préoccupantes qui lui sont parvenues plus tôt dans
l’année, l’attention du CPT s’est également portée sur l’Internat « ‘t Knipoogje
» de l’Institut médico-pédagogique « ‘t Vurstjen » à Evergem. Il a formulé des
recommandations détaillées concernant cet établissement et a également
recommandé qu’un plan de prévention des mauvais traitements soit établi pour
tous les internats du pays et que des inspections régulières y soient
effectuées. Quant à la visite à l’Hôpital d’Accueil Spécialisé (HAS) de la
Clinique Fond’Roy à Uccle, elle a notamment permis de réexaminer les questions
relatives à la mise en œuvre des procédures prévues en matière d’hospitalisation
d’office, ainsi que de traiter de la question du traitement psychiatrique sans
consentement. Le CPT a également formulé quelques recommandations à l’issue de
sa visite au Centre fermé de rétention pour étrangers de Vottem, ainsi qu’au
Centre INAD à l’Aéroport de Bruxelles National.
Le rapport de visite du CPT est disponible sur le site Web du Comité :
http://www.cpt.coe.int
- Un "Vidéo-kit CPT" est disponible pour la presse
audio-visuelle. Pour plus de renseignements merci d'accéder à notre page "pour
la presse".