|
Bruxelles, le jeudi 18 juin 1998.
Le Comité européen pour la prévention de la torture (ci-après CPT) a fait parvenir au Gouvernement belge son rapport sur sa deuxième visite en Belgique.
Le gouvernement a décidé de demander au Conseil de lEurope de le rendre public ce jeudi 18 juin 1998.
A loccasion de cette publication, le gouvernement fédéral, en concertation avec les autorités compétentes des Communautés et Régions, souhaite faire la communication suivante :
Dans son rapport, le CPT attire lattention des autorités belges sur plusieurs points.
1. En ce qui concerne les établissements pénitentiaires :
Le problème de la surpopulation.
Le CPT a recommandé aux autorités belges de poursuivre et dintensifier leurs efforts en vue de remédier à ce problème.
Le Gouvernement informe que la nouvelle prison dAndenne sest ouverte en 1997 et que divers projets de construction ou dextension détablissements devraient aboutir à augmenter la capacité actuelle denviron 1000 places dici lan 2002.
Afin de développer et dassurer le suivi de lensemble des mesures alternatives à la détention, un service dencadrement des mesures alternatives a été créé au début de lannée 1997 ; grâce à ce nouveau service, les mesures alternatives devraient constituer un outil performant pour les autorités judiciaires. Sur le terrain, des assistants de justice complémentaires ont été engagés, principalement dans le cadre du suivi des condamnés à des travaux dintérêt général.
Il faut également noter quune expérience de surveillance électronique vient de débuter.
Infrastructure.
A des degrés divers, le CPT a constaté la vétusté de tout ou partie des établissements visités.
Le Gouvernement tient à signaler que dans les établissements de Mons et de Saint Gilles, une rénovation systématique et progressive de lensemble des ailes est en cours. Dans plusieurs autres établissements, dimportants travaux visant à améliorer les conditions matérielles de détention ont été ou seront prochainement entrepris.
Régime et situation juridique des détenus.
Le CPT a estimé quil était nécessaire de réglementer le régime cellulaire strict ainsi que de donner aux détenus la possibilité de disposer dun droit de recours contre les décisions prises par lAdministration.
Le Gouvernement fait savoir quune commission est chargée de lélaboration dune loi de principe concernant ladministration pénitentiaire et le statut juridique des détenus ; cette commission, instituée par arrêté royal du 25 novembre 1997, sinscrit dans le prolongement dune mission conférée en octobre 1996 au professeur Dupont de la KUL délaborer un avant projet de loi pénitentiaire.
Quant au manque de travail et dactivités offerts aux détenus relevé par le CPT, le Gouvernement note que la collaboration entre lEtat fédéral et les communautés, compétentes en matière socio-éducatives et sportives, devra en effet se développer, mais il faut tenir compte de contraintes dordre budgétaire, dinfrastructure et de sécurité.
Enfin, en ce qui concerne la mise en place dune structure adéquate pour laccueil des jeunes dans le cadre de labrogation de larticle 53 de la loi relative à la protection de la jeunesse, le gouvernement de la Communauté française a formulé le souhait datteindre cet objectif pour lan 2000.
Encadrement en personnel psycho-médico-social.
Le CPT a épinglé un manque de personnel qualifié.
Depuis plusieurs années, ladministration sefforce dengager du personnel complémentaire ; le nombre peu élevé de candidats ralentit le rythme du recrutement.
Des contrats dentreprise ont été conclus avec des médecins indépendants ; au niveau de ladministration pénitentiaire centrale, un service dinspection médicale et un service psycho-social chargés de la supervision et du suivi des services correspondants dans les établissements ont été mis sur pied.
Défense sociale.
Le CPT a constaté le retard existant au niveau de lexécution des décisions de placement en EDS ; il a aussi relevé certaines lacunes dans la loi de défense sociale en ce qui concerne les droits des internés..
Le Gouvernement informe que des extensions ont déjà été réalisées à Paifve et dautres sont encore prévues.
En ce qui concerne lEDS de Tournai, de nombreux changements sont intervenus durant les dix dernières années ; à lheure actuelle, plus de la moitié des lits répond à la loi sur les hôpitaux et lautre moitié sera mise en conformité endéans les trois prochaines années.
Il faut également savoir quen 10 ans, la population du centre est restée numériquement comparable mais que le personnel a augmenté de près de 25%.
Une commission « Internement » a été instaurée par Monsieur le Ministre de la Justice le 23 septembre 1996 ; cette commission est chargée de développer les perspectives davenir concernant linternement et délaborer des propositions afin daméliorer la loi de défense sociale du 1er juillet 1964.
Une modification de la loi de défense sociale intervenue le 10 février 1998 permet désormais à lavocat de linterné dinterjeter appel contre les décisions des commissions de défense sociale rejetant une demande de mise en liberté de linterné.
A plus long terme, laccord politique concernant la réforme de la justice prévoit la création de tribunaux dapplication des peines qui reprendront notamment les compétences des commissions de défense sociale.
Toxicomanie, suicides
Le CPT recommande dexaminer prioritairement des problèmes tels que la toxicomanie, le suicide, le régime des détenus condamnés pour infractions sexuelles, la violence entre détenus.
Le Gouvernement indique que la toxicomanie dans les prisons vient de faire lobjet dun rapport dexperts universitaires et quun groupe de travail constitué au sein de ladministration pénitentiaire analyse en ce moment ce rapport et prépare une circulaire.
2. En ce qui concerne les services de police :
Diverses actions ont été prises dans le cadre des souhaits du CPT ; elles portent sur 5 axes essentiels.
3. En ce qui concerne la rétention détrangers :
En comparaison avec la situation lors de la première visite du CPT, on peut déjà constater une amélioration importante au niveau de la détention des immigrés illégaux en vue de lorganisation de léloignement.
Infrastructure.
Linfrastructure en général, les conditions de détention et la situation du personnel sont considérés comme satisfaisantes.
On peut signaler la mise en service de deux centres fermés supplémentaires en août 1998 ; par la mise en service de ces centres supplémentaires, les personnes qui séjournent illégalement sur le territoire ne devront plus être enfermées dans des établissements pénitentiaires.
Lencadrement, la formation et lappui du personnel.
Ces points ont également été améliorés ; lorganisation de laccueil a été fixée dans un règlement général, dont le texte a été soumis pour avis au Conseil dEtat sous forme dun projet darrêté royal. Entre-temps, celui-ci est déjà dapplication comme règlement interne.
Mesures déloignement.
En ce qui concerne lorganisation de léloignement et plus particulièrement de lescorte des personnes pour lesquelles on craint des difficultés, des instructions strictes et claires ont été fixées ; un contrôle spécial est prévu en vue du respect de celles-ci.
Le Vice-Premier Ministre et Ministre de lIntérieur,
Louis TOBBACK.
Le Ministre de la Justice,
Tony VAN PARYS.
La Ministre-Présidente de la Communauté française,
Laurette ONKELINX
Le Ministre Wallon de laction sociale, du logement et de la
santé,
Willy TAMINIAUX.
Pour tout renseignement complémentaire, contacter lAgent du Gouvernement,
Claude DEBRULLE, Ministère de la Justice, Directeur Général de la Direction Générale de la Législation Pénale et des Droits de lHomme, Boulevard de Waterloo, 115, 1000 Bruxelles.
Tél. : 02/542.71.22. - Fax. : 02/542.70.09.
| ^ |